Affaire Bettencourt : la lettre de Jean-Pierre Versini-Campinchi et la réaction du journal en ligne Actuel Avocat

Publié par Pierre-Olivier Sur le Vendredi 9 Juillet 2010

Affaire Bettencourt : la lettre de Jean-Pierre Versini-Campinchi et la réaction du journal en ligne Actuel Avocat
Nous recevons de Jean-Pierre Versini-Campinchi une lettre qu'il nous demande de publier, concernant les écoutes pirates visant des avocats qui ont été diffusées par la presse autour de l'affaire Bettencourt.

Les termes de la lettre de Jean-Pierre Versini-Campinchi sont très durs et nous lui laissons la responsabilité de la forme acide qu'on lui connait.

Mais la cause est légitime. Car quand on lit le cahier détachable du Point... et qu'on est avocat... on est révolté... vraiment révolté.




Monsieur le Bâtonnier
Monsieur le Vice-Bâtonnier
Ordre des avocats au barreau de Paris

Paris, le 9 juillet 2010


Monsieur le Bâtonnier
Monsieur le Vice-Bâtonnier,

Le Point avec d’autres organes de presse a publié en encart - sans doute parce que la rédaction imaginait un référé d’heure à heure pour le lui faire arracher - la transcription d’écoutes téléphoniques interdites qui consignent des conversations tenues par des clients avec leurs avocats.

Nous avons atteint le degré zéro de la légitimité de notre profession. Nous partagions avec les médecins et les curés le privilège extraordinaire de l’absolue confidentialité de nos entretiens avec nos clients.

Savoir si tel ou tel avocat a saisi ou non l’institution judiciaire de cette violation délibérée on ne peut plus orchestrée du secret professionnel est l’affaire de l’avocat ou des avocats en question.

En revanche, je suis consterné de ce que jusqu’aujourd’hui ni le Conseil National des Barreaux ni l’Ordre de Paris ni son Bâtonnier n’ait considéré devoir exprimer publiquement leur indignation, saisir les organes professionnels d’une enquête et la justice de délits qui portent un dommage intolérable et direct à notre métier.

Veuillez croire, Monsieur le Bâtonnier, Monsieur le Vice-Bâtonnier, en l’assurance de ma grande considération.


Jean-Pierre Versini-Campinchi


Copie : Madame le Bâtonnier de La Garanderie et Messieurs les Bâtonniers Stasi, Farthouat, Vatier, Iweins, Burguburu, Repiquet, Charrière-Bournazel




Voici la réaction d'Actuel Avocat, le journal en ligne des Editions Législatives (actuel-avocat.fr) :

Ecoutes illégales : un avocat interpelle les représentants de la profession, par Anne Portmann

L'avocat parisien Jean-Pierre Versini-Campinchi s'étonne de l'inertie de l'Ordre des avocats et du CNB, restés muets après la publication dans la presse de la transcription de conversations entre un avocat et son client. Il exhorte le bâtonnier de Paris Jean Castelain à ouvrir une enquête.

Alors que chaque jour, l'affaire Bettencourt-Banier-Woerth alimente la presse quotidienne, l'avocat parisien Jean-Pierre Versini-Campinchi s'élève contre ce qu'il estime être une attaque intolérable au principe du secret professionnel de l'avocat.

Le secret professionnel : un principe fondamental

Les raisons de sa colère ? L'assourdissant silence du Bâtonnier et du Conseil de l'Ordre de Paris, qui depuis le début de l'affaire, n'ont jamais protesté contre la publication, dans la presse, de conversations captées illégalement entre l'avocat de Liliane Bettencourt, Georges Kiejman et sa cliente ou son représentant, Patrice de Maistre.

Or, estime Jean-Pierre Versini-Campinchi, "Le client à le droit de s'adresser à son avocat dans le secret le plus absolu, comme au médecin et au curé. Mais, poursuit-il, il n'y a plus de curés et le secret médical souffre de plus en plus d'exceptions". L'avocat serait donc désormais, le dernier bastion de cette absolue confidentialité.

"L'indignation publique est un minimum"

Pour l'avocat, la publication, entre autres, par le Point, d'un encart transcrivant des conversations entre un avocat et son client aurait du, à tout le moins, entraîner des "protestations véhémentes" de la part du Conseil de l'Ordre, et susciter une enquête du Conseil doublée d'une saisine du juge." L'indignation publique est un minimum", ajoute-t-il.

L'avocat a adressé un courrier en ce sens au barreau de Paris, attirant l'attention du bâtonnier sur "le dommage intolérable et direct", causé à la profession par "cette violation délibérée on ne peut plus orchestrée du secret professionnel".

Pierre-Olivier Sur, candidat au dauphinat, même s'il émet des réserves quant au ton employé par son confrère dans sa missive aux instances ordinales, approuve sa démarche. "Il est scandaleux de laisser passer cela. Le Conseil de l'Ordre aurait du diligenter une action en justice pour empêcher la publication de cet encart, ou s'il était trop tard, s'insurger contre la reprise de ces propos dans la presse lorsqu'ils concernent des avocats".

Au -delà de la publication dans la presse des conversations entre un avocat et son client, Jean-Pierre Versini-Campinchi s'étonne de ce que la captation d'écoutes réalisées de manière déloyale, puisse être versées au dossier du tribunal. "Si c'est un avocat qui est à l'origine de la divulgation de ces enregistrements, l'Ordre devrait également protester", indique Pierre-Olivier Sur, qui rappelle que la chambre criminelle de la Cour de cassation admet ce type d'enregistrement comme preuve. "Si les enregistrements ont été divulgués à la presse par le client lui-même, c'est différent".

L'effondrement moral de la déontologie professionnelle"

Jean-Pierre Versini-Campinchi estime que l'absence de condamnation, par le Conseil de l'Ordre de ces pratiques témoigne de "l'effondrement moral de la déontologie professionnelle" et banalise ces pratiques auprès des jeunes confrères.

Il fustige le "secret professionnel chewing-gum", ou à géométrie variable, l'absence de rigueur dans les principes, qui conduit la Justice à "sanctionner un comportement pour des motifs d'opportunité, puis à ne pas sanctionner le même comportement, également pour des motifs d'opportunité". Il s'insurge aussi contre l'institution judiciaire, qui orchestre ellemême les fuites dans les affaires.

De fait, on apprenait hier, à la lecture de Libération, que le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, aurait validé la publication, dans la presse, du PV d'audition de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt.

La lettre de Jean-Pierre Versini-Campinchi, relayée par son confrère Pierre-Olivier Sur sur son blog de campagne, n'a pour l'instant provoqué aucune réaction du Conseil de l'Ordre.




        


1.Posté par perrin louis le 14/07/2010 12:09
Nous avions le policier qui ébruitait insidieusement, en toute impunité aujourd'hui si les clients ne peuvent plus s"entretenir avec leurs avocats au risque de voir leurs propos enregistrés et diffusé par les autorités judiciaires accoquinées largement par une presse mercantile qui a depuis for longtemps oublié les DROITS des citoyens. C'est n'est plus de la démocratie mais une république bannière..




Rechercher sur Poscriptum

Garder le contact
Facebook
Twitter
LinkedIn
Dailymotion
Rss


les derniers articles

Elections 2012 : candidature au bâtonnat

03/05/2012 - Pierre-Olivier Sur / Laurent Martinet

Kassoum Tapo libéré!

20/04/2012 - Pierre-Olivier Sur et Laurent Martinet

Il faut libérer l’avocat Kassoum Tapo

19/04/2012 - Pierre-Olivier Sur et Laurent Martinet

Richard Descoings

04/04/2012 - Pierre-Olivier Sur / Laurent Martinet

La robe et le voile

02/04/2012 - Pierre-Olivier Sur

Débat Justice 2012 au Conseil National des Barreaux le 26 mars à 20H

26/03/2012 - Pierre-Olivier Sur et Laurent Martinet

Avocats/Hommes politiques...Liaisons dangereuses

21/03/2012 - Pierre-Olivier Sur