Audience historique devant le Conseil Constitutionnel: la première QPCPublié par Pierre-Olivier Sur le Mardi 25 Mai 2010
Ce Mardi 25 mai 2010, le moment est historique.
Dans la salle Jeanne Chauvin du Palais Montpensier, l'huissier à chaîne appelle maître Arnaud Lyon-Caen et maître François-Henri Briard, qui auront successivement et pour la première fois l'honneur de plaider l'abrogation d'une loi devant le Conseil Constitutionnel. - Loi de cristallisation des pensions pour les prestations dites "du feu" qui défavorise les anciens combattants des colonies par rapport à ceux de métropole, au prétexte que là-bas le niveau de vie est plus faible qu'ici, et qu'il faut donc raisonner toutes choses égales par ailleurs. - Loi organisant la représentation de l'ensemble des familles françaises pour composer le haut conseil de la famille à partir de la seule UNAF, ce qui ferme la porte à d'autres représentations et structures qui le déplore en dénonçant un corporatisme d'Etat. L'histoire retiendra que les deux sujets plaidés ce matin devant les neuf sages sont le prétexte d'une première extraordinaire. Et ce n'est peut-être pas un hasard s'ils sentent un peu la poussière des vieux grimoires de l'histoire et des fondements de la République. Il faut voir le président Jean-Louis Debré flanqué des deux anciens Présidents de la République, avec les autres sages tout autour. Une table en "U", complétée par le pupitre d'où les avocats plaident debout. En robe. Face aux trois présidents. Le public quant à lui, limité à 48 places, est sagement assis dans une salle située au rez-de-chaussée devant un grand écran de télévision dont les images par caméras fixes, sont aussi mauvaises que celles de la Nasa lors des premières expéditions sur la Lune au point qu'on a l'impression que le Conseil Constitutionnel, malgré la réforme, demeure très, très haut, et quasiment inatteignable. Il faut entendre la voix métallique et solennelle de François-Henri Briard pour prendre la mesure de la solennité de l'instant. En particulier lorsqu'il plaide que si la loi est l'expression de l'intérêt général, elle est aussi contingente d'une époque et d'un contexte politique, ce qui oblige à une interprétation contemporaine - en particulier lorsque la loi dont on demande l'abrogation est un texte édicté sous Vichy - . On attend maintenant les prochaines QPC sur des textes de combats contemporains: la garde à vue, l'accès au droit, la fiscalité, l'applications des peines, etc. A lire aussi ...
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