Dans les yeux du bourreau

Publié par Pierre-Olivier Sur le Lundi 15 Février 2010

Dans les yeux du bourreau
Le procès Douch (S-21) à Phnom Penh de Pierre-Olivier SUR.
Editions Lattès (à paraître en juin 2010).
Extrait de la 4ème de couverture :


Si aux procès de Nuremberg, de Tokyo et de Jérusalem, les familles de victimes avaient pu directement participer au procès, elles auraient été des dizaines de milliers à s’y précipiter.
Cependant, la procédure de l’époque ne leur offrait pas cette place. Elles étaient de simples « témoins », triées sur le volet.

Au contraire, dans le procès des khmers rouges qui se déroule actuellement à Phnom Penh sous l’égide de la justice onusienne et cambodgienne, les familles de victimes bien qu’invitées à y participer sans limite en tant que « parties civiles » – ce qui est une première dans l’histoire du droit international- sont aux abonnés absents. Pourquoi fuient-elles une justice qui n’a que trop tardé ?

Ce témoignage tente de décortiquer l’anatomie de leur silence et de comprendre pourquoi le banc des victimes reste à moitié-vide tandis que leur bourreau paraît plus fort que jamais : Douch, ancien patron du camp S21, qui fit 17 000 morts.

Une succession de courts chapitres raconte le procès et ses mécanismes, l’accusé et sa psychologie, la cohabitation qui s’est installée au Cambodge entre victimes et tortionnaires depuis la fin du génocide en 1979. Le fil rouge du récit présente le conflit paradoxal entre l’auteur Pierre-Olivier Sur –avocat français des victimes – et son guide (fils d’une victime de Douch), qui au début de l’histoire se place en défiance face à un procès qu’il ne reconnaît pas et refuse donc de s’y rendre. Mais au fur et à mesure de leurs échanges et confrontations, la victime et l’avocat finissent par ne plus faire qu’un et c’est d’une seule voix qu’ils conçoivent la plaidoirie finale.

Ainsi ils vont réfuter ensemble la stratégie de la défense qui s’articule principalement autour de la demande de pardon chrétien de Douch, qui s’est converti à la religion des vainqueurs. Mais comme dit le philosophe Jankélévitch : « Le pardon est mort dans les camps de la mort ».

S’entremêlent dans ce récit, sur le bord du Mékong, la vérité brute des procès-verbaux d’audience et l’émotion retenue d’un peuple qui retrouve sa mémoire.



        



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