Double rebond d'Olivier Schnerb autour des échanges Metzner-Kiejman

Publié par Pierre-Olivier Sur le Mercredi 21 Juillet 2010

I - Olivier Schnerb nous adresse le message suivant

La représentation est gratuite, mais les guichets seraient, de toute façon, fermés s'il y avait eu une mise en vente des billets avant l'ouverture du rideau.

De tels débordements ne sont pas dépourvus de grandeur et l'on se plait à observer la recherche du point d'ironie le plus mordant, de l'attaque la plus invalidante, de la déstabilisation la plus efficace.

Dans l'art de l'escrime, on s'est longtemps interrogé sur l'orthodoxie du coup de Jarnac qui avait consisté, au cours d'un duel, à sectionner le jarret de l'adversaire.

La sentence était finalement tombée : la légalité du "coup" fut admise par la grande porte. Alors, les mots d'audience...

Je n'ai pas la certitude que les protagonistes de l'affaire Bettencourt aient véritablement "pété les plombs" comme le suggère mon ami Pierre Olivier Sur. Au contraire, j'aurais tendance à penser que le casting des défenseurs a eu pour boussole l'affrontement auquel ils étaient irrémédiablement voués.

On comparaît autrefois les plaidoiries de César Campinchi (dont le talent et le caractère sont toujours présents par leur transmission à son légitime héritier, mon ami Jean-Pierre Versini) et de Moro-Giafferi à des armes blanches : celles du second, une épée flamboyante déchiquetant l'adversaire au gré d'immenses moulinets et celles du premier à un poignard, court, précis et terriblement efficace par ses terribles et innombrables morsures.

Pour avoir trop souvent entendu, au cours d'audiences interminables, des avocats dont les plaidoiries évoquaient plutôt "l'épée de Charlemagne" (longue, plate et mortelle), je dois avouer éprouver une certaine tendresse pour Olivier Metzner et Georges Kiejman - à qui je porte une sincère (bien qu'inégale) amitié - et leurs affrontements ne me semblent pas constituer un spectacle aussi gratuit que la première phrase de ce billet d'humeur pouvait le laisser supposer.

Les nerfs des uns (et peut-être des autres) sont mis à rude épreuve. Les intérêts en jeu sont énormes. Partie civile et défense, littéralement confondues dans leur mission, ne trouvent pas leur juste équilibre. L'incident devient alors la seule stratégie possible car, pour des raisons différentes, personne n'est disposé à plaider au jour fixé.

Comme pour un match de catch dont la représentation doit être retardée, les champions occupent le temps de la partie remise à s'invectiver. Mais dans l'état d'improvisation où ces circonstances particulières les placent, ils sont soumis à un discours automatique qui laisse parler leur inconscient en leur interdisant toute préméditation.

Alors, tout en eux redevient naturel et leur propos est empreint d'une étonnante sincérité. La jalousie, l'admiration, l'estime, l'affection elle-même, transparaissent dans leurs invectives et il serait amusant d'en faire le décryptage. Hélas, la page sera tournée dès que le vif du sujet sera abordé.

En fait, cette affaire Bettencourt aura mis en évidence le caractère peu pesant de nos organes ordinaux dans le quotidien de notre profession :
Aucun modérateur d'excès... il est vrai qu'il y a eu plus grave, puisque la garde à vue d'un avocat interrogé sur le contenu de ses interventions professionnelles a failli passer... inaperçue.



II - Jean-Pierre Versini ne lui en veut pas de son mot d'esprit savoureux... Olivier Schnerb lui adresse alors quelques vers

Je suis un peu embarrassé
Par le propos qu'on m'a prêté
Sur le blog de Pierre-Olivier
Et qui aurait pu te blesser.
S'il est exact que j'ai glosé
Sur la cible où tu as pissé,
Je n'ai jamais laissé penser
Que tu t'y étais fourvoyé...
Ce qui est sur, en vérité,
C'est que tu n'as pas offensé
Celle qui s'est sentie visée :
Ca, j'étais prêt à le plaider !

Mais tu comprends qu'un calembour
Puisse échapper à son auteur
Qui, insensible à ta pudeur,
Croit décocher un trait d'humour...



        



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