La R.E.S.A.A... Qu'est ce que c'est que ça ?

Publié par Pierre-Olivier Sur le Jeudi 3 Juin 2010

La Recherche Encadrée de Solutions Alternatives par Avocat, avant tout procès (R.E.S.A.A) est en marche.

Voici une procédure qui s'inspire du "droit participatif" mis en place par le rapport Guinchard mais dont la seule réforme concrète qui pourrait être intégrée au Code de Procédure Civile par la loi Béteille serait l'effet interruptif de prescription pendant la tentative de rapprochement préalable au procès.

Comment aller plus loin?

- Envisager, ainsi que cela se fait au Québec, un "droit collaboratif" qui imposerait aux avocats une sorte d'obligation de résultat transactionnel, de telle sorte qu'en cas d'échec et donc de procès ils ne pourraient bénéficier d'un droit de suite et plaider le dossier.

- Ou bien, comme le fait Laurence Boyer, pour le CNB, chercher à instaurer le principe d'un contrat obligatoire précontentieux de R.E.S.A.A et conditionner la validité de tout acte introductif d'instance à un certificat de R.E.S.A.A négative, mais en autorisant alors les avocats à suivre et plaider le dossier.

En tout état de cause il y a trois raisons de parier que le "droit participatif" se développe et de plaider dans ce sens...

1) Le fait que le judiciaire recule au profit d'une société qui se veut moins conflictuelle dans le réglement des litiges de telle sorte qu'elle se dirige vers des procédures dites de conciliation. Et s'il fallait une image pour l'exprimer, ce serait celle de l'arène romaine, qui a inspiré le droit romano-germanique, à laquelle on tourne désormais le dos au profit de la recherche synallagmatique d'un contrat de common law. Cette évolution profonde des moeurs n'est-elle pas aussi inspirée par la féminisation de la magistrature et du Barreau ? Et aussi, plus prosaïquement par le fait qu'il faut désengorger les tribunaux quitte, en quelque sorte, à privatiser certaines fonctions du service public de la justice...

En tout état de cause, chacun s'accorde aujourd'hui à considérer que cette tendance générale va dans le bon sens, à condition de l'intégrer dans le périmètre d'activité des Barreaux.

2) Car c'est la concurrence actuelle des "braconniers du droit" qui révèle paradoxalement l'accroissement de la place des réglements de litiges précontentieux (par exemple entre salariés et employeurs), honoraire de résultat à la clé. Il faut donc impérieusement baliser par les dispositions du Code de Procédure Civile tous les modes alternatifs de réglement des litiges et les confier à des professionnels du droit, avocats évidemment, pour que les usagers bénéficient des garanties de compétence, d'éthique et d'assurance qu'offre le Barreau.

3) Enfin, le droit participatif ou collaboratif, ou la R.E.S.A.A sont le débouché naturel de l'acte d'avocat qui trouve ainsi, en particulier sa place et sa force.

01_slide_resaa.pptx Télécharger le document de présentation de la R.E.S.A.A  (332.59 Ko)



        


1.Posté par EL le 03/06/2010 10:18
La première solution me paraît impraticable : vous allez demander à un client, qui a confiance en son avocat, qui a une antériorité avec lui, de cesser de faire appel à lui et de confier le dossier à un autre ?! Autre point : vous imaginez le temps perdu, et les honoraires pour le client, du fait de la deuxième prise de connaissance du dossier.

Par ailleurs, cette idée accrédite le sentiment qu'un avocat est suspect de vouloir amener son client au tribunal et ne serait fiable dans la recherche d'une transaction que s'il lui est interdit de suivre le procès ensuite. Cela n'est pas vrai de tous et ne l'est en tout cas pas lorsque l'on a un client récurrent : on le fidélise plus sûrement en ne le poussant pas au contentieux.

Si l'on excepte cette première question, je suis rétif à cette idée de recherche "obligatoire". Dans de bien nombreux cas, cela aura surtout pour effet d'entretenir des recherches de façade, avec échanges factices où l'on fait semblant de rechercher une transaction. Du temps perdu. Sans compter que nombre de transactions se concluent lorsque le dossier est engagé, et que l'adversaire peut véritablement mesure les arguments opposés.




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