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Richard Descoings

Publié par Pierre-Olivier Sur / Laurent Martinet le Mercredi 4 Avril 2012

Richard Descoings
Ceux qui l’ont connu, du lycée Montaigne à la rue Saint Guillaume, sont extrêmement tristes aujourd’hui. Car la mort est toujours inacceptable lorsqu’elle touche en plein cœur le monde des étudiants. Alors c’est toute une génération profondément choquée, qui va accompagner Richard Descoings, de New York à Sciences Po, et au-delà.

Tandis qu’à l’émotion du départ, s’ajoute déjà la mémoire de ce qu’il a fait et de ce qu’il a été, il y a autour de sa mort quelque chose qui relève du mystère et qui peut être aussi lui ressemble. A lui ou à nous tous.

Comme si sa mort, que la maladie avait frôlée il y a une dizaine d’années (on se souvient de son visage décharné, étiré par les traitements médicaux) avait à nouveau sonné à la porte, sous une autre forme.

Mais on n’aura pas attendu jusque-là pour lui dresser des lauriers. Richard Descoings a transformé Sciences Po et tous les repères d’une certaine élite. L’école bourgeoise et poussiéreuse du 7ème arrondissement est désormais ouverte au monde et à la banlieue : une scolarité plus longue, des promotions de plus en plus nombreuses, des partenariats toujours plus riches avec l’étranger, avec le privé, et tous univers confondus. En d’autres termes - l’excellence - mais avec la recette inverse du numerus clausus et du modèle de service public à la française, qu’incarnait jusqu’à présent l’ENA et la reproduction de ses élites.

Pour y arriver, Richard Descoings aura dû ferrailler quitte à ce que le principe d’égalité du concours d’entrée et la règle du monopole de l’université, soient remis en question par les plus hauts magistrats du pays.

Alors la vieille dame de la rue Saint Guillaume allait pouvoir se transformer en un Columbia à la française pour que faire son droit devienne enfin un premier choix.
Cet esprit moderne, entrepreneurial, international – c’est celui de toute une génération qui souhaite aujourd’hui rendre hommage à son maître d’œuvre, pour projeter ce modèle dans d’autres institutions voire dans d’autres professions.


        

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